FEMMES OUBLIÉES #22

C’est l’été ! Il fait beau. Il fait chaud. Nous nous transformons en écrevisses sur les plages pendant que les poissons font des bulles dans l’océan, ou en chamois des montagnes pendant que les marmottes nous crient leur joie de vivre.

Jeanne Villepreux Power

Ami.e.s de la nature Bonjour !

Aujourd’hui, c’est d’une fameuse naturaliste dont nous avons envie de tirer le portrait. Fameuse ? Oui, mais de son temps lointain du 19e siècle, car qui connaît Jeanne Villepreux Power ?

Cette charmante dame est née modestement et s’est éteinte en Corrèze (1794-1871). Fille de Cordonnier, elle monte (à pied) à Paris pour y travailler comme beaucoup de femmes “de la campagne” de l’époque. Suite à une agression dans sa progression vers la capitale, Jeanne s’arrête à Orléans où elle apprend à coudre, ce qui lui vaudra ensuite une place dans une maison de broderie parisienne.

Ce détail a son importance car de sa place de couturière, Jeanne s’instruit et peut fréquenter en tant qu’ouvrière de la mode “le beau monde”. Douée, elle confectionne la robe de mariée de la future épouse du Duc de Berry (neveu du Roi de France), Marie Caroline de Bourbon. Cette robe scelle son destin et lui permet de faire la rencontre d’un jeune comte irlandais qui admire autant la pièce brodée que la brodeuse.

Jeanne épouse James Power en 1818 et s’installe en Sicile à Messine. Loin de rester à son rang d’épouse, elle développe ses facultés intellectuelles et artistiques : elle apprend plusieurs langues, observe la nature jusqu’à devenir une scientifique reconnue dans le domaine naturaliste et une artiste.

Elle est à l’origine des aquariums (1832) et ouvre la voie aux recherches maritimes pour mieux comprendre le monde vivant sous-marin. C’est elle encore qui a démontré à force d’expériences et d’observations que l'Argonaute construit sa coquille par les sécrétions de ses tentacules. Jeanne écrit également un guide historique et touristique complet de la Sicile encore utilisé aujourd'hui.

Mais ironie du sort, ses collections marines et ses travaux de recherches sont retournés d’où ils venaient lors du naufrage du bateau qui les ramenait, elle et son mari, à Londres. Néanmoins, Jeanne publiera quelques années plus tard : “Observations et expériences physiques sur plusieurs animaux marins et terrestres”.

Après sa mort, son nom se fait oublier des milieux naturalistes comme beaucoup de pionnière. Le Wetoo Festival tente ici de rendre hommage à cette femme donc la curiosité et l’intelligence ont permis d’ouvrir des portes a priori fermées et qui a fait avancer les sciences à son échelle.

Un cratère de Vénus a été nommé en son honneur en 1997, alors peut-être que les planètes se souviendront, elles.

B.C.